La pierre invisible est la troisième et dernière aventure de Dagmaëlle, donc la fin de la trilogie. Dans les deux premiers tomes, j’ai exploité l’univers de l’eau, puis celui de l’air. Pour ma troisième histoire, j’ai choisi d’explorer l’univers souterrain. D’ailleurs, si vous allez lire le début des Compagnons des Hautes-Collines, vous pourrez constater que Dagmaëlle évoque ces trois univers quand elle réfléchit à la disparition de son petit frère Tomas.
Évidemment, j’ai dû me documenter pour parler du monde des grottes. C’est ce qui est merveilleux quand on est écrivain. Car lorsqu’on écrit des histoires, c’est parce qu’on aime les livres. Et si on aime les livres, on aime par-dessus tout en lire ! Alors je me suis plongée dans des récits et des encyclopédies qui traitent de l’univers souterrain. J’ai vu des photos spectaculaires de cavernes remplies de quartz translucide, ainsi que des images de stalactites et de stalagmites, d’espaces gigantesques et de rochers énormes. J’ai vu des torrents dévaler des falaises sous terre, des cheminées creusées dans le roc et des parois ornées de peintures rupestres, ces œuvres créées par les hommes préhistoriques. J’ai appris beaucoup. J’ai senti la solitude des explorateurs courageux qui partent à la découverte des grottes profondes. J’ai compris la passion de ces spéléologues qui s’enfoncent dans la noirceur totale pour découvrir des trésors produits par la nature souterraine. Je me suis mise à aimer cet univers froid et humide, qui me faisait un peu peur, je l’avoue, avant d’écrire mon roman. Je me suis donc imprégnée de ces connaissances pour imaginer la quête de Dagmaëlle. En voici un exemple. Avant d’entrer dans le monde des Pistouks, Dagmaëlle hésite. Le toboggan de pierre est gravé de traces de griffes. Dagmaëlle croit que c’est l’œuvre des chiribiris ou même du Grock. En fait, ce détail m’a été inspiré par un événement réel. Des spéléologues ont découvert dans des grottes de petits toboggans de pierre bien lisses. Ce sont les ours des cavernes, plus précisément leurs oursons, qui les avaient usés en y glissant pour s’amuser ! Cette espèce d’ours au long cou et au museau de cochon a vécu il y a environ 35 000 ans ! Et les traces de griffes qui apparaissent encore aujourd’hui au sommet sont les empreintes qu’ils ont laissées dans l’argile, une variété de terre qui durcit en séchant.
C’est pour toutes ces raisons qu’écrire des histoires est si exaltant. Mon métier me permet de réunir le réel et l’imaginaire, d’utiliser des faits véritables pour soutenir la fantaisie. La frontière est parfois bien mince entre les deux. Alors, dites-moi... Pourquoi les Pistouks n’ont-ils pas d’yeux ? Cette particularité est-elle née de mon imagination ou bien provient-elle d’une information véridique sur les êtres vivant sous terre ?